Une étude publiée dans BJOG: An International Journal of Obstetrics and Gynaecology a examiné si les femmes atteintes d’endométriose au Royaume-Uni sont plus susceptibles de recevoir un diagnostic du syndrome de l’intestin irritable (SII) et d’atteinte inflammatoire pelvienne (AIP).

Endométriose – Les cellules endométriales tapissent normalement l’intérieur de l’utérus. L’endométriose est une affection dans laquelle ces cellules, qui sont sensibles aux hormones femelles, croissent en des endroits autres que la muqueuse utérine. Cette croissance se produit fréquemment en des endroits tels que les ovaires, les trompes de Fallope, la vessie et les intestins, pouvant entraîner la formation de tissu cicatriciel. Les symptômes habituels de l’endométriose sont la douleur pelvienne chronique, des règles douloureuses (dysménorrhée), la douleur pendant les relations sexuelles (dyspareunie) et de la difficulté à aller à la selle (dyschézie).

Syndrome de l’intestin irritable – Le SII est un trouble gastro-intestinal fonctionnel, ce qui veut dire qu’il existe des anomalies au niveau de la fonction ou de la motilité des intestins, avec une absence de dommages visibles ou mesurables à l’appareil digestif. Parmi ses symptômes, l’on compte la douleur abdominale, les ballonnements, la constipation et la diarrhée. Environ de 13 à 20 % des Canadiens de tout âge souffrent du syndrome de l’intestin irritable, l’affection se présentant plus couramment chez les femmes que chez les hommes.

Atteinte inflammatoire pelvienne – L’AIP est un terme général qui fait référence à une infection de l’utérus, des trompes de Fallope ou d’autres organes reproducteurs. Les signes et symptômes de cette maladie comprennent la douleur au bas-ventre, la douleur pendant les relations sexuelles et la douleur pendant la miction (dysurie).

Comme le signalent les auteurs de l’étude, le chevauchement des symptômes de ces trois troubles peut compliquer le diagnostic, surtout parce qu’il n’existe pas de tests diagnostiques simples et non invasifs pour ces affections. La population de l’étude comptait des femmes âgées de 15 à 55 ans inscrites auprès de cabinets médicaux contribuant à la General Practice Research Database (base de données sur la recherche en médecine générale). En tout, les chercheurs ont étudié, chez 5 540 femmes ayant reçu un diagnostic d’endométriose et 21 239 sujets témoins n’ayant pas reçu un diagnostic d’endométriose, la possibilité de présence du SII ou d’AIP, ou les deux. Les chercheurs ont déterminé que les femmes atteintes d’endométriose étaient six fois plus susceptibles d’avoir reçu un diagnostic d’AIP et 3,5 fois plus susceptibles d’avoir reçu un diagnostic du SII que les femmes sans endométriose. Cependant, les enquêteurs ne pouvaient pas s’entendre sur la mesure dans laquelle le tractus gastro-intestinal pourrait être impliqué dans l’endométriose; la plupart des endroits susceptibles à l’accumulation de cellules endométriales se trouvent à l’intérieur du compartiment pelvien, lequel se trouve à proximité du côlon. Toute inflammation ou libération de substances analogues aux hormones qui s’ensuit pourrait expliquer les changements observés au niveau du fonctionnement intestinal chez les femmes atteintes d’endométriose.

Les chercheurs ont conclu qu’il existe un problème considérable de diagnostic erroné chez les femmes aux prises avec ce trouble. Ils ont affirmé que 10 % des femmes atteintes d’endométriose avaient été traitées pour le SII dans la période précédant leur diagnostic, mais cette proportion était réduite d’une manière significative une fois le diagnostic d’endométriose posé. Le fait que l’AIP, le SII et l’endométriose peuvent coexister nécessite une approche multidisciplinaire pour diagnostiquer et traiter ces troubles et leurs symptômes prévalents.


Publié pour la première fois dans le bulletin Du couer au ventreMC numéro 175 – 2010
Seaman HE et al. Endometriosis and its coexistence with irritable bowel syndrome and pelvic inflammatory disease: findings from a national case-control study-Part 2. BJOG An International Journal of Obstetrics and Gynaecology. 2008;115(11):1392-6